a tribute to Serge Gainsbourg, Auteur, Compositeur, Acteur et Chanteur français.
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Au confort moderne, biographie de Serge Gainsbourg
La Biographie de Serge Gainsbourg
La Biographie de Serge Gainsbourg
Au confort moderne, biographie de Serge Gainsbourg. Chapitre 7, de 1973 à 1979

A la fin de l’année il offre à Jane Ballade de Johnny Jane puis en 1977, il est contacté par Alain Chamfort qui veut casser son image de chanteur à minettes lié à Claude François, et après quelques hésitations, poussé par Jane, il lui écrit l'histoire de Baby Lou, reprise plus tard par Lio, puis par Jane.

Il a alors deux gros chantiers : huit chansons pour le nouveau spectacle de Zizi Jeanmaire, et l’album Ex-fan des sixties, pour Jane, une réussite complète.

Serge accepte de signer des bandes originales de film, tel Sea Sex And Sun repris par Patrice Leconte pour le film Les bronzés il atteint le 4ème rang du Hit Parade et pulvérise les records de vente. C'est à cette période qu'il est contacté par le groupe de rock français Bijou, avec lequel il chantera 2 deux titres à Epernay et découvrira, à cette occasion, et avec émotion, combien la jeune génération continue à l'aimer.

Pour la première fois, au mois de mai 1979, Serge se retrouve N°1 du hi-parade de R.T.L. avec Aux armes et caetera qu'il a enregistré en Jamaïque.
Il a contacté les I Threes, choristes des Wailers, par l'intermédiaire de la maison de disques de Bob Marley, ainsi que Sly Dunbar et Robbie Shakespeare (batteur et bassiste).

"Le meilleur album reggae fait par un non-Jamaïcain", avait dit Sly Dunbar.

La promotion du nouvel album a démarré le 1er avril dans l'émission Top Club dimanche, puis de nombreuses invitations dans diverses émissions de télévision se sont enchaînées.
C'est un tube gigantesque au printemps 1979, au point qu'il parvient aux oreilles de l'éditorialiste Michel Droit, qui rédige alors un texte méprisant et fielleux dans Le Figaro Magazine, sur ce qu'il nomme :

"l'odieuse chienlit […] une profanation pure et simple de [...] ce que nous avons de plus sacré". "Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg je me sens devenir écologiste. Comprenez par là que je me trouve aussitôt en état de défense contre une sorte de pollution ambiante qui me semble émaner spontanément de sa personne et de son oeuvre, comme de certains tuyaux d'échappement...".
La polémique est lancée .

Deux semaines plus tard, Gainsbourg lui répond dans Le Matin Dimanche :

"Peut-être Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous, […] croisé de guerre 39-45 et croix de la Légion d'honneur dite étoile des braves, apprécierait-il que je mette à nouveau celle de David que l'on me somma d'arborer en juin 1942 noir sur jaune et ainsi, après avoir été relégué dans mon ghetto par la milice, devrais-je y retourner, poussé cette fois par un ancien néo-combattant ? …".

Jane, peinée, a elle aussi réagit au texte nauséabond, et a pris la peine d'écrire à Michel Droit, au sujet duquel Serge propage son aphorisme assassin :

"On n'a pas le con d'être aussi droit".

En gros, l'éditorialiste, révolté par le traitement infligé à l'hymne de la nation, dérape dangereusement et insinue, que Gainsbourg joue un mauvais tour à ses "coreligionnaires" et risque de faire renaître un antisémitisme toujours rampant en bavant sur les vers de Rouget de Lisle.

En septembre de la même année "L'affaire de la Marseillaise" prend de l'ampleur, lorsqu'une séance de dédicace de son disque à la foire internationale de Marseille est annulée sous la pression conjointe des associations d'anciens combattants et de l'Union Nationale des parachutistes (UNP). La section marseillaise de l'UNP annonce même son intention d'interdire la vente du disque dans la ville.
Début janvier 1980 Serge doit chanter à Strasbourg, les paras, épaulés par la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie Maroc et Tunisie, menacent d'intervenir physiquement.

Le 4 janvier, la mise en place du matériel se passe sans problèmes, dès 19 heures, le public est entré ainsi qu'une soixantaine de paras. Ils ont pour intention d'intervenir dès que Gainsbourg attaquera la Marseillaise. En ville, le Holiday Inn où étaient installés les musiciens est évacué pour cause d'alerte à la bombe, les rastas commencent à paniquer sérieusement, ils se réfugient dans leur bus, Serge se retrouve seul et il décide alors de monter sur scène… et de chanter la vraie Marseillaise.
Incroyable spectacle, les paras se lèvent et se mettent au garde-à-vous, même la salle se met à chanter…

Le lendemain, à Bruxelles, Serge est assailli par les reporters, les images de la veille sont diffusées à la télé, on le voit enragé, bouleversé, le poing levé, gueulant :

"Je suis un insoumis ! Qui a redonné à la Marseillaise son sens initial !".

 
akajou, studio de création