Interviewé sur les
arts majeurs contre les arts mineur, et sur le nécessaire
apprentissage :
Une fois subie l’initiation, à chacun
de trouver son style et sa voie et s’assurer
s’il y a lieu de son génie.
Il en est de même
pour l’approche de Rimbaud, Alban Berg et Le
Corbusier.
Or, dans un art
mineur comme le mien, il nous suffira de viser juste
de l’œil qui nous reste, rois chez les
aveugles, bien sûr, que sont les autres, et
faire mouche.
Aussi voulais-je dire que les tireurs d’élite
n’auront jamais que du talent tandis que le
génie visionnaire, ignorant les cibles immédiates
et autres disques d’or et pointant son arc vers
le ciel selon les lois d’une balistique implaccable,
ira percer au cœur les générations
futures.
Je me suis laissé
dire que Marlon Brando se mettait des boules Quiès
pour ne point entendre les répliques de ses
partenaires et qu’ainsi, totalement isolé
et tétanisé par son auto-admiration,
son jeu y gagnait en intensité dramatique.
Peut-être
devrais-je en faire autant.
Mais comment savoir
alors si je plais toujours aux mineures ? 