Interrogé sur sa vie
quotidienne...
Il n’y a pas d’obligations étant
donné que j’ai une profession libérale.
Quelqu’un
va au bureau, à six heures il est libre, moi
à six heures je ne suis pas libre, je suis
libre toute la journée ce qui fait que je ne
suis jamais libre. A deux heures du matin ou à
quatre heures quand je ferme les yeux, je suis obsédé
par les airs qui viennent me hanter.
Ça c’est
moche, faut essayer de ne pas se laisser avoir. C’est
monstrueux ce métier ! Je pianote un petit
machin, je vais en Yougoslavie, on me le ressort en
yougoslave à la radio. Je pianote un autre
truc, "La javanaise", je regarde un reportage
en direct sur la première traversée
du France et j’entends "J’avoue j’en
ai bavé pas vous..." : c’est Juliette
Gréco à l’inauguration du France
!
Et moi je suis
devant mon piano, ça me revient comme un boomerang
!
Ce côté-là,
ce côté démentiel a tendance à
bouffer l’être humain, si celui-ci n’a
pas la tête sur les épaules. 