En janvier 1980,
il donne 2 concerts à Bruxelles, véritables
triomphes. Même succès à
Cannes, au Midem où Europe 1 et Philips
lui décernent disque d'or et
disque de platine. Il publie un comte parabolique,
Evguénie
Sokolov.
"Evguénie,
c'est un type qui se détruit sciemment
parce qu'il veut la gloire et la gloire le
détruit, donc c'est quelque part autobiographique"
dit-il.
Gainsbarre a
t'il détruit Gainsbourg ?
La gloire a
t'elle détruit le couple mythique
?
En tout cas,
Serge paye cher le prix de ses excès.
Jane, le quitte en aout 1980, emmenant les
filles Kate, et Charlotte. Au bout de 12 années
de vie commune, ne supportant plus de le voir
se détruire et se perdre, elle déserte
la rue de Verneuil et le laisse plus désemparé
que jamais.
"Jane est partie par ma faute, confiait
Serge quelques temps après, je faisais
trop d'abus, je rentrais complètement
pété, je lui tapais dessus.
Quand elle m'engueulait, ça me plaisait
pas : deux secondes de trop et paf.. elle
en a subi avec moi mais ensuite c'est
devenu une affection éternelle. […]
J'ai eu une fille en or mais elle s'est
tirée. […] Elle m'a jeté
et c'était bien fait pour ma
gueule, puisque j'lui cassais la sienne".
Son chagrin
est immense, il crève de ne plus voir
ses enfants, il touche le fond.
Il se jette
dans le travail : un album pour Jacques Dutronc,
Guerre
et pets, la musique du film de Claude
Berri Je
vous aime et un rôle aux
côtés de Catherine Deneuve qui
rappelle inévitablement son propre
rôle.
"Claude
Berri s'est inspiré de ma vie,
d'une certaine façon. Dans le
scénario, je fais souffrir Catherine.
J'ai été méchant,
moi aussi, très méchant".
Pour Catherine
il écrit Dieu
est un fumeur de havanes qu'il
interprètera avec elle.
En 81, il lui
écrit un album entier, Souviens-toi
de m'oublier que Libération
chroniquera quelques mois plus tard, assorti
d'un calembour à la Gainsbarre
:
"Deneuve
? non, D'occase !".
La réaction
de Catherine à cette grossièreté
sera télégraphique et sans appel
:
"Vous ne serez jamais assez ivre à
mes yeux pour justifier vos jeux de mots à
Libération STOP Il faut savoir résister
à certaines tentations STOP Vous ne
pourrez jamais noyer vos regrets et malgré
vos triomphes je sais que vous êtes
inconsolable pour des raisons qui ont cessé
de m'intéresser STOP J'avais
de l'affection pour vous mais plus d'indulgence
serait complaisant".