Son mariage
avec Elisabeth bat de l'aile, malgré
sa timidité persistante et son physique
peu avantageux Serge ne pense qu'aux
femmes et sait les séduire. Durant
l'année 56 le couple se délite,
et le divorce à l'amiable sera
prononcé le 9 octobre 1957.
En juin 1956
la lente métamorphose en Serge Gainsbourg
se concrétise par la déclaration
à la SACEM de 4 titres, sous le nom
de Julien Gris, qui révèlent
- enfin - un talent vraiment original :
Mes petites
odalisques
La
jambe de bois
Le poinçonneur
des Lilas
La
cigale et la fourmi
"Qu'on
ne me confonde pas avec les autres chanteurs
!" dira
Serge dès ses débuts…
Il compose
pour Michèle
Arnaud dont il est très
amoureux :
"Elle a
été une des chances de ma vie,
elle a eu l'intelligence de percevoir
en moi un style nouveau."
Mais elle ne retient
qu'une chanson : Ronsard
58. Enfin, en décembre 57, mort
de trac, poussé par Francis Claude,
il monte sur la scène du Milord et
chante Le
poinçonneur.
"C'était
extraordinaire, il avait ce tremblement léger,
il avait l'attitude de celui qui est
en communication prophétique avec quelque
chose, en fait il était en communication
avec lui, pas avec le public". (Jacques
Lasry).
Le 10 juin 1958, Serge
enregistre en studio avec Alain Goraguer et
son ensemble :
La
jambe de bois, Douze belles dans la peau
et Le
charleston des déménageurs de
piano ;
en juillet, il fait sa deuxième télé,
invité par Jacqueline Joubert ; en
septembre sort son premier 25 cm sur le verso
duquel figure un texte élogieux de
Marcel Aymé : […] il chante l'alcool,
les filles, l'adultère, les voitures
qui vont vite, la pauvreté, les métiers
tristes.
Ses chansons
inspirées par l'expérience
d'une jeunesse que la vie n'a
pas favorisée, ont un accent de mélancolie,
d'amertume, et souvent la dureté
d'un constat. Elles se chantent sur
une musique un peu avare où, selon
la mode de notre temps, le souci du rythme
efface la mélodie. […]
Un autre supporter influent s'exprime
pour la 2ème fois dans le Canard enchaîné,
dans un article dithyrambique : Boris Vian.
"A la parution
de cet article, ma première réaction
a été de prendre une gomme et
de voir si mon nom pouvait s'effacer…
Je l'ai fait parce que je n'en
croyais pas mes yeux, j'étais
un peu con !" avouera
Serge.
A la même époque il se lie avec
Françoise-Antoinette Pancrazzi (appelée
"Béatrice" par ses amis)
qu'il épousera en 1964 et dont
il divorcera en 1966. De leur union vont naître
Natacha (en 1964) "Totote", "Naufragée,
survivante et captive d'un amour brisé"
disait-il et Paul (alias Vania) en 1968, conçu
pendant une brève période de
réconciliation.