Un jeudi après-midi, il n'y avait pas école
et j'avais été voir "Slogan"
et "Les Chemins de
Katmandou", dans un cinéma de quartier.
J'avais trouvé Serge très beau, sa présence
très romantique…
Il avait la beauté de quelqu'un qui peut vous rendre
belle : je pense que l'adolescente que j'étais
avait repéré sa fibre pygmalionne…
Il me faisait l'effet d'un miroir, l'observer me donnait
l'impression que je pouvais me regarder librement et me
trouver belle. Quand je le voyais à la télé
je sentais qu'il s'inventait constamment, il se mettait
en scène comme les ados : il agressait avec son
look, son regard, cette façon de ne pas sourire.
Les gens de ma génération ont eu envie d'imiter
cette marginalité.
source : Gilles Verlant