Isabelle Adjani

Un jeudi après-midi, il n'y avait pas école et j'avais été voir "Slogan" et "Les Chemins de Katmandou", dans un cinéma de quartier. J'avais trouvé Serge très beau, sa présence très romantique…
Il avait la beauté de quelqu'un qui peut vous rendre belle : je pense que l'adolescente que j'étais avait repéré sa fibre pygmalionne… Il me faisait l'effet d'un miroir, l'observer me donnait l'impression que je pouvais me regarder librement et me trouver belle. Quand je le voyais à la télé je sentais qu'il s'inventait constamment, il se mettait en scène comme les ados : il agressait avec son look, son regard, cette façon de ne pas sourire. Les gens de ma génération ont eu envie d'imiter cette marginalité.

source : Gilles Verlant