Sa Biographie,
de 1950 à 1958
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Ses premières chansons,
Serge
les composera vers l’age de 22 ans quand il occupe
la fonction "d’éducateur"
pour les enfants juifs et les jeunes rescapés
des camps nazis, au centre de Champsfleur. Venu là
dans un but purement alimentaire, il se prend au jeu,
fait dessiner les enfants, leur fait des tours de magie,
s’occupe de la chorale, il se montre doué
pour captiver les jeunes pensionnaires. Il organise
des veillées où il s’accompagne
à la guitare et chante des chansons qu’il
a lui-même composées.
En 1952
il recommence le circuit des boites et des bals, il
s’éloigne de la peinture, se fait du "blé"
en coloriant des photos noir et blanc pour les entrées
de cinéma (1F la photo) et peint des fleurs sur
les meubles anciens pour en faire de faux Louis XIII…
Joseph
voit tous ses espoirs s’effondrer.
Pendant les vacances
de Pâques 1954
il est engagé comme pianiste d’ambiance
au Touquet, il verra son contrat renouvelé l’année
suivante. C’est là qu’il rencontrera
son futur arrangeur, Alain
Goraguer.
En septembre il est embauché au cabaret Madame
Arthur (cabaret fameux pour
ses travestis) comme pianiste et chef d’orchestre
puis son père lui décroche un autre engagement
au Milord l’Arsouille.
Un soir, il y rencontre Boris
Vian "C’est
en l’entendant que je me suis dit : je peux faire
quelque chose de cet art mineur ?".
"Je pense que Serge
et
Boris
sont frères
quelque part : une même violence, une même
retenue, un même mystère. Frères
dans la dérision, la cruauté et la tendresse."
dira Juliette
Greco.
"Ce
coup là, je change de nom. Lucien
commençait à me gonfler, je voyais partout
"Chez Lucien
coiffeur pour hommes",
"Lucien,
coiffeur pour dames".
[…] Sur le moment, Serge
m’a paru bien, ça sonnait russe; quant
au 'a'
et au 'o'
rajoutés à Ginsburg,
c’est en souvenir de ces profs de lycée
qui écorchaient mon nom…".
Il ne supportait plus son prénom, mais ne voulait
pas pour autant renié ses origines, finalement
il opte pour "Serge"
(comme Serge Diaghilev,
Serge Lifar),
mais il conserve une grande similitude pour son nom,
dans le but plus ou moins inconscient de ne trahir ses
parents qu’à demi.
"J’ai l’âme
d’un déraciné slave enraciné
ailleurs". |